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TRIN DE NIUE

TRIN DE NIUE

Lou TGV a arrassa lou trin de niue Paris-Niço qu’a coumpli soun darrié viage lou 9 de desèmbre 2017, ço qu’a ramenta à l’autour quàuqui souveni que douno à parteja dins aqueste pouèmo inedit.

Te ramentes lou trin, aquéu de nosto enfanço,
Sleeping-car, wagons-lits, carrozza con letti ?
Lou viage èro autambèn misti que fantasti
Quouro vers lou Miejour  abaudissié sa danso.

Estrassavo, couchous, la raubo de la niue,
Vesti de blu e d’or dins si flo de tubiero.
Entendian rèn dedins, qu’uno rumour lóugiero,
Entendian rèn dóu fiò gilant entre li piue.

Dourmian, insoucitous dóu tèms que s’esgrunavo.
Erian bressa, siavet, pèr lou balin-balant

Dóu counvoi tout entié, courrènt sout l’estelan.
Pamens, lou païsage, adeja, blanquejavo.

Emé nautre, à  cha pau, s’esvihavo la mar,
Entre pin e roucas, la mar tant esperado,
La mar bluio, segur, de sis erso drapado,
Sout li rai pounchejant d’un fièr soulèu bragard.

Dequé rèsto d’acò ? Just un lunchen remèmbre,
Un balet fantasié, signa Darius Milhaud,
Sus li jo espourtiéu de bourgés fouligaud,
Dóu viage disènt rèn, senoun pèr destenèmbre.

Te lou ramentes, digo, aquéu trin,  lou Trin Blu,
’Quéu trin que carrejavo ansin, de garo en garo,
Nòsti pantai marin, bèn liuen de touto raro,
Nòsti pantai d’azur en bousco d’assoulu ?

Alan Brunaud   Escolo dis Isclo d’Or

TRADUCTION

TRAIN DE NUIT

Le TGV a eu raison du train de nuit Paris-Nice qui a effectué son dernier voyage le 9 décembre 2017, ce qui a rappelé à l’auteur quelques souvenirs qu’il a glissés dans ce poème inédit.

Tu te rappelles le train, celui de notre enfance,
Sleeping-car, wagons-lits, carrozza con letti ?
Le voyage était autant mystique que fantastique
Lorsqu’il lançait, vers le Midi, sa danse.

Il déchirait, en hâte, la robe de la nuit,
Vêtu de bleu et d’or dans ses houppes de fumée.
Nous n’entendions rien, à l’intérieur, qu’une rumeur légère,
Nous n’entendions rien du feu glissant entre les collines.

Nous dormions, insouciants du temps qui s’égrenait.
Nous étions bercés, doucettement, par le balancement
Du convoi tout entier courant sous la voûte céleste.
Cependant, le paysage, déjà, blanchissait.

Avec nous, peu à peu, la mer s’éveillait,
Entre pins et rochers, la mer tant attendue,
La mer bleue, bien sûr, de ses vagues drapée,
Sous les rayons naissants d’un fier soleil fastueux.

Que reste-t-il de cela ? Rien qu’un lointain souvenir,
Un ballet fantaisie, signé Darius Milhaud,
Sur les jeux sportifs de bourgeois frivoles,
Ne disant rien du voyage, sinon par inadvertance.

Tu te le rappelles, dis, ce train, le Train Bleu,
Ce train qui transportait ainsi, de gare en gare,
Nos rêves marins, bien loin de toute frontière,
Nos rêves d’azur en quête d’absolu ?

Alain Brunaud  Escolo dis Isclo d’Or

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