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Rentrée littéraire : le raz-de-marée Michel Houellebecq

07 Janvier 2019

 

Vendredi 4 janvier est paru « Sérotonine », son septième roman, qui s’annonce d’ores et déjà comme un best-seller et la star de la rentrée d’hiver.

L’heure de la rentrée littéraire d’hiver a sonné avec la parution d’ici à la fin février de 493 romans, dont le nouveau livre de Michel Houellebecq, Sérotonine, un ouvrage sombre et poignant en librairie vendredi dernier.

Bénéficiant d’un tirage exceptionnel de 320 000 exemplaires, le septième roman de Michel Houellebecq, l’écrivain français parmi les plus connus et traduits à l’étranger, est d’ores et déjà quasiment assuré de devenir un best-seller européen. Il sortira en France le 4 janvier, en Allemagne le 7 et en Italie le 10.

Le romancier n’avait rien publié depuis le polémique Soumission, paru il y a quatre ans, le jour même de l’attaque contre Charlie Hebdo. Toutes éditions confondues, cet ouvrage s’est écoulé à près de 800 000 exemplaires.

Dans Sérotonine (Flammarion), Michel Houellebecq plonge ses lecteurs au cœur de la France rurale. Écrit avant l’apparition des Gilets jaunes, le roman semble avoir anticipé ce mouvement qu’aucun responsable politique n’avait vu venir. Accusé parfois de cynisme, l’écrivain est plein d’empathie quand il décrit le désespoir d’agriculteurs au bout du rouleau.

L’écrivain, qui a récemment fait l’éloge du protectionnisme de Donald Trump, tire à boulets rouges sur la politique libérale de l’Union européenne, coupable à ses yeux de tous les maux. Mais le livre ne saurait se résumer à cette thématique. Malgré les scènes pornographiques (l’éloge de la fellation voisine avec la description d’un « gang bang » canin !), le roman de Michel Houellebecq est éminemment romantique. On sort de sa lecture bouleversé.

Simon Liberati, Yann Moix, David Foenkinos et Patrick Rambaud

Face à ce livre-événement, les autres auteurs devront faire preuve d’une certaine humilité. Les romans de Simon Liberati (Occident) et Yann Moix (Rompre), publiés chez Grasset, sont sortis mercredi dernier  avant la déferlante Houellebecq. Après ses chroniques sur Nicolas Ier et François le Petit, Patrick Rambaud récidive avec le début du règne d’Emmanuel le Magnifique (Grasset).

Il faudra attendre le 21 février pour découvrir le nouveau roman de David Foenkinos, Deux Sœurs, pour lequel Gallimard a prévu un tirage de 100 000 exemplaires. Toujours chez Gallimard sont notamment attendus un nouveau roman de Tahar Ben Jelloun (L’Insomnie), un ambitieux livre de Tristan Garcia (Âmes, histoire de la souffrance, I) et un désopilant roman de Pierre Jourde (Le Voyage du canapé-lit). Le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, publie Paul. Une amitié, un récit sensible autour de la figure d’un ami disparu.

On notera également le retour d’Antoine Volodine, qui publie Frères sorcières (Seuil) cinq ans après Terminus radieux, Prix Médicis 2014. Lauréat du Goncourt en 2008, Atiq Rahimi revient avec Les Porteurs d’eau (P.O.L). Chez Actes Sud, Éric Vuillard (Goncourt 2017) publie La Guerre des pauvres, un récit court et puissant sur une rébellion dans l’Europe du XVIe siècle qui fait écho aux révoltes d’aujourd’hui.

Il faudra attendre le 6 février pour découvrir Personne n’a peur des gens qui sourient (Flammarion), le nouveau roman de Véronique Ovaldé. Céline Minard nous entraîne jusqu’à Hong Kong avec Bacchantes (Rivages). Chez Minuit, on note le retour d’Éric Chevillard avec L’Explosion de la tortue. Valérie Zenatti revient sur sa complicité avec le grand écrivain israélien disparu Aharon Appelfeld (dont elle fut la traductrice) avec Dans le faisceau des vivants (L’Olivier).

Parmi les 77 premiers romans attendus, on distingue notamment Bénédicte Belpois qui publie Suiza (Gallimard), un roman âpre, violent et sensuel. On attend avec curiosité De la race de seigneurs (Stock), premier roman du fils d’Alain Delon, Alain-Fabien Delon.

Du côté étranger, Frantumaglia (Gallimard) rassemble la correspondance de l’Italienne Elena Ferrante avec son éditeur. Belfond publie Le Chant des revenants de l’Américaine Jesmyn Ward, seule femme à avoir obtenu deux fois le National Book Award.

On attend avec impatience Trouble (Stock) du Belge néerlandophone Jeroen Olyslaegers et D’os et de lumière (Grasset) de l’Irlandais Mike McCormack. Le Chinois Ma Jian (exilé à Londres) publie China Dream(Flammarion), interdit en Chine.

La littérature de langue allemande est particulièrement bien représentée avec notamment le retour de Bernhard Schlink qui publie Olga (Gallimard). En février paraîtraTerminus Berlin (Le Tripode), ultime livre de l’iconoclaste Edgar Hilsenrath, disparu le 30 décembre à l’âge de 92 ans.

L'Edition Varoise

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