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Plan cul : une expression quelque peu négative

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AOUT 2018

Cette formule est souvent employée pour évoquer une relation purement physique sans lendemain. Ne réduit-elle pas une connexion, certes furtive, à un échange seulement charnel ? Sa connotation n’est-elle pas péjorative ?

Sans chercher à inciter l’avilissement des corps, cette expression très familière retire à la sexualité toute sa puissance, sa force. Elle traduit une idée moraliste d’instaurer la relation durable, et forcément monogame comme un modèle idéal. Le désir, l’attraction chimique et physique entre deux personnes consentantes n’émanent ils pas d’une volonté partager, pour un temps, un instant de bien-être et de plaisir ? Ce qui est gênant avec l’appellation d’origine contrôlée plan cul, c’est son aspect réducteur.

Déjà dans l’utilisation des mots. Plan fait référence à quelque chose de calculer de préméditer, de stratégique. On fait des plans sur la comète, des plans de cuisine, de construction, mais s’il y a bien une chose qui est imprévisible c’est la sexualité. Tout simplement, car elle représente une union de deux individus uniques. Le résultat est forcément aléatoire. N’est-elle pas l’expression de sentiments, d’envies qui sont propres à chacun ? Cul quant à lui est le mot vulgaire pour évoquer les fesses, et par déformation il est employé pour la volupté. Il est tout autant chargé de connotations négatives. De plus, « plan cul » limite la personne à une seule partie de son corps. Il prive donc l’autre de son humanité en quelque sorte. Enfin, il est associé à une sexualité sale et dépravée. Associer les mots plan et cul résume une situation dans laquelle les sentiments, la tendresse, la douceur, l’attention, mais aussi le désir, la passion, n’existent pas.

Toutes les émotions liées à la proximité charnelle au contact de deux partenaires sont alors supprimées. Pourtant, avoir une relation intime satisfaisant n’est-elle pas source d’épanouissement, de liberté ? Pourquoi l’étreinte sexuelle sortie de son contexte « normé » doit-elle toujours être rabaissée ? N’est-il pas souhaitable de préférer partager son lit avec un amant ou une maîtresse pour y vivre une expérience plaisante pour chacun, que de garder un conjoint qui ne semble plus attirant ? Pourquoi le sentiment amoureux serait-il plus important que le désir ? Bien que les deux soient compatibles, pourquoi amour et sexualité doivent-ils en permanence être associés pour qu’un rapport physique soit reconnu comme honorable ? Cette expression générique ne résume que rarement ce qui se passe lors d’une rencontre érotique.

Échange sensuel, visite épicurienne, entrevue langoureuse, rendez-vous osé sont quelques termes qui restituent à la sexualité sa respectabilité, ses lettres de noblesse. Elles ne vous conviennent pas ? Avec un peu d’imagination et un dictionnaire, vous trouverez la vôtre ! 

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