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LOU FRICOT

LOU FRICOT

Quouro anavian ma maire e iéu au vilàgi encò de ma grand, landàvi coumo lou lamp pèr ana jouga emé Eisabello, uno fiheto de moun tèms qu’abitavo lou meme  oustau.
Aqui dins la court au malounage desjoun  jougavian à la marello, à la troutineto o au « houla houp » …
Eisabello e sa famiho vivien à quatre dins douas pèço sènso counfort ; uno chambro pèr lei móussi e uno grando pèço qu èro la chambro dei parènt, lou cenadou e la cousino.
Coume lou paire, oubrié agricolo journadié passavo mai de tèms au cafè o à la casso, gagnavo gaire de sòu, fasien pichot…
Un matin, la maire d’Eisabello durbiguè lou tiradou dóu vièi bufet, prenguè un bihet e ié diguè
« Tè, vaqui cinq franc, vai encò dóu bouchié, demando quàuquei moussèu de móutoun pèr lou fricot »…..
Sian anado croumpa la preciouso viando, n’avié cinq o sièis moussèu…
Prepara emé cebo e tartifle, lou fricot en mitounant sentié bouan dins lou paure oustau.
À miejour, lou paire, precedi dóu can que tiravo sus l’estaco, es arriba lou fusiéu sus l’espalo.
Es intra, a pendoula lou fusiéu e lou carnié dins lou cafoucho, s’es aproucha de la cousiniero, a leva la cabussello de la pignato e … a douna lou fricot au can !
Emé ma maire si sian enanado, n’ai jamai sachu ço qu’avien manja aquéu jour…
Pecaire ! De tout segur  la soupo à la grimasso !

Monique Leblanc   Carqueirano

TRADUCTION

LE RAGOUT

Lorsque que nous allions, ma mère et moi au village chez ma grand-mère, je filais comme l’éclair jouer avec Isabelle, une fillette de mon âge qui habitait la même maison.
Là,  dans la cour au carrelage disjoint, nous jouions à la marelle, à la trottinette et au « houla hop ».
Isabelle et sa famille vivaient à quatre dans deux pièces sans confort ; une chambre pour les enfants et une grande pièce qui était la chambre des parents, la salle à manger et la cuisine.
Comme le père, ouvrier agricole journalier, passait son temps au café ou à la chasse, il gagnait peu de sous, cela faisait petit….
Un matin, la mère d’Isabelle ouvrit le tiroir du vieux buffet, prit un billet et lui dit « Tiens, voilà cinq francs, va chez le boucher, demande quelques morceaux de viande de mouton pour le ragoût »
Nous sommes allées acheter la précieuse viande, il y en avait cinq ou six morceaux…..
Préparé avec des oignons et des pommes de terre, le ragoût en mitonnant sentait bon dans la pauvre maison.
À midi, le père, précédé du chien qui tirait sur sa laisse, est arrivé le fusil sur l’épaule. Il est entré, a accroché le fusil et le carnier dans le débarras et s’est approché de la cuisinière, il a soulevé le couvercle de la marmite et… il a donné le ragoût au chien !
Avec ma mère nous sommes parties, je n’ai jamais su ce qu’ils avaient mangé ce jour-là.
Pécaire !  Certainement la soupe à la grimace !

Monique Leblanc Carqueiranne

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