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L’espiciaré de moun enfanço.

02

AVRIL 2018

specié es un mestié qu ‘a quasi despareigu bord qu’ avèn  »la grande destribucioun » pèr croumpa de lipetarié de touto meno e de tóuti li païs.

D’en proumié l’espiçarié èro un endré mounte fleiravo d’óudour que se mesclavon d’espèci (qu’an douna soun noum à l’especié e à l’ espiçarié) emai de liéume (cebo, aïet), de vin, d’òli, de saboun, de candèlo, de cambajoun, de saucissot sènso óublida li fru, ah li fru d’estiéu óudourous e melicous qu’es pas de dire.

Un cop dintre se vesié un mouloun de causo ; li liéume sè èron dins de casié proun grand pèr fin que l’especié pousquesse enfourna uno pichouno palo de bos pèr li servi dins un saquetoun de papié gris, de pese coupa (pese sè) de cese, de lentiho.

De cop que i’a, l’i avié de coussoun emé li gran, pecaire ! De-segur i avié pas ges de pouisoun.

Pebre, claveù de girofle, canello, vaniho, lis óudour se mesclavon e nous enebriavon. I’avié tambèn d’arenc-sauret e de bacaiau (merlusso secco) dins de queisseto.

De mousco n’i avié toujour qu’aucuno ; avien de pego-mousco pèr li coucha ; ma grand, elo, n’en metié dins soun oustau, m’agradavon pas aquéli pego-mousco.

A.Roux   Escolo dis Isclo d’Or Iero

Traduction

L’épicerie de mon enfance.

Épicier est un métier qui a quasiment disparu car nous avons  »la grande distribution » pour acheter de bonnes choses de toutes sortes et de tous  les pays.

Pour commencer, l’épicerie était un endroit qui fleurait bon des odeurs mêlées d’épices (qui ont donné leurs noms à l’épicier et à l’épicerie) mais aussi de légumes (oignon, ail) de vin, d’huile, de savon, de bougies, de jambon, de saucisson sans oublier les fruits, ah les fruits d’été qui embaumaient et répandaient des odeurs de miel meilleures que je ne saurais dire.

Une fois à l’intérieur on découvrait une foule de choses, Les légumes secs se trouvaient dans des casiers assez grand pour que l’épicier puisse y enfoncer une pelle de bois pour vous les servir dans un sachet de papier bistre, des pois cassés, des pois chiches, des lentilles.

Parfois des charançons s’y trouvaient mêlés aux graines, peuchère ! .Mais il est sûr
qu’il n’y avait pas de poison.

Poivre, clous de girofle, cannelle, vanille, les odeurs se mêlaient et nous enivraient. On y voyait aussi des harengs saurs, des morues salées (et sèches) dans des caissettes.

Toujours quelques mouches, chassées à l’aide de tue-mouches collants; ma grand-mère en utilisait chez elle, et je n’aimais pas ça.

A.Roux   Ecolo dis Isclo d’Or   Hyères

L'Edition Varoise

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